Educations
Après avoir parlé avec T. des troubles psychologiques de sa fille, j’ai appris qu’elle avait subi des agressions verbales qui ont nuit à ses études supérieures jusqu’à expliquer ses problèmes actuels. Et maintenant, à moi.
Je veux faire état de mes problèmes dans ces pages : pas forcément détailler la nosographie comme disent les médecins – scientifiques – mais mettre en exergue la phase prodromique, sur laquelle se déroule le coup, l’atteinte, puis la période de latence où j’ai réagi dans des circonstances précises, enfin l’effondrement quand je ne pouvais plus réagir.
A l’école primaire tout d’abord, j’ai pris une gifle violente d’un maître en CE2. Je n’ai rien dit. C’était en pleine classe pour un gros mot dit à une camarade qui m’exaspérait. Aucune conséquence.
Au collège, rien.
En colonie de vacances, agression sexuelle par M. (ami de …) sous la douche. Jusqu’à 41 ans, je ne savais pas qu’il s’agissait d’une agression sexuelle. Apparemment, pas de troubles sexuels ou de problèmes psychologiques sauf que.
J’ai toujours considéré l’acte sexuel comme sale et dégradant pour moi et l’homme partenaire, sauf peut-être avec mon époux dans notre brève et malheureuse vie conjugale de seulement 4 ans. L’amour, à faire en cachette, le plus souvent.
Au lycée, le professeur de philo me dit que « ce n’est pas parce que vous avez une belle gueule que vous réussirez ». J’eus ma note divisée par 2 pour retard à rendre une copie. Cette parole et d’autres de ce prof m’ont hantée jusqu’à poursuivre des études supérieures doctorales pour être à la hauteur de l’intelligence qu’il nous inculquait : celle des élites scientifiques (Terminale C). Dégouts des maths enseignées par Mme, prof de maths symboliques et épouse d’un philosophe déjanté.
A Science-Po Grenoble, rien.
A Science-Po Paris (Centre de Préparation à l’Administration Générale), rien.
Dans mon stage de fin d’études à Nice, au cabinet Palmer, le gérant et architecte m’a forcée à passer la nuit avec lui, contrôlait mes aventures nocturnes et me demandait ce que j’avais fait avec tel ou tel. Jusqu’à l’âge de 41 ans, j’avais toujours ce sentiment de saleté et de souillure vis à vis du sexe et de l’érotisme, mais sans en identifier les raisons.
Dans mon engagement dans la Marine Nationale, là, j’ai sans les dire commencé à exposer à moi-même (dialogue intérieur) mes raisons de cet engagement : devenir une femme, une héroïne, une vraie pilote aéronavale qui apponte sur porte-avions et fait la guerre. Il s’agissait de devenir autre chose qu’une salope hétérosexuelle comme me l’avait dit un garçon majeur qui me forçait à l’embrasser et me frappait dans les côtes à la sortie du cinéma.
On voit à ce moment, que je n’ai pas encore conscience. Je mise sur l’érotisme, la séduction, la découverte…
Dans la période des classes à l’Ecole Navale et l’embarquement sur la frégate Villeplate, rien.
Puis, au carré de l’escadrille 59S, on m’a fait boire et je me suis retrouvée inconsciente – car saoule – dans une chambre de transit avec un pilote de chasse qui me tripotait le bas-ventre et me dit de lui faire de même. Je devais revoir ce marin pilote à Tours, après mon élimination du cours chasse. Il me regarda sans rien dire.
Là encore, je ne trouvais rien à dire : ce devait être une sorte d’initiation entre marins et marinettes, puisqu’une rumeur les tiens pour des gens à voile et à vapeur…
Première brimade, premier coup verbal : à l’escadrille 51S, le PM G. m’invective et me déstabilise pendant le vol. Première note insuffisante. Je suis sous le choc et le commandant me dit de recaler mes gyros. Ce devait être une façon de tester psychologiquement une élève-pilote.
A Cognac, je vole avec le capitaine M., intransigeant, excessif dans les détails. Un camarade qui vole avec lui me dira qu’il est « psycho ». Néanmoins, le vice viendra d’un colonel qui vole avec moi en VSV et agit à contre sur le palonnier pendant la percée et l’ILS. Première et seule note insuffisante à Cognac.
Ensuite, à l’escadrille Rafiot, je suis laissée de côté par les moniteurs. Pas de relations. Jusqu’au jour du test navigation : le moniteur marin – un chasseur – va les sermonner car ils m’ont préparé un plan de vol impossible et ils ne m’ont pas instruite des procédures de déroutement. Ce moniteur marin a été mon soutien.
Pendant toute ma phase de sélection puis d’instruction chasse à Cognac, je me faisais engueuler en PS et je recevais toujours la même note jaune. Disons que je n’étais pas douée en PS.
A Tours, ambiance d’arrivée au 1er escadron dégueulasse : cocktail nauséabond d’accueil des moniteurs et morgue et mépris des lieutenants directs de l’Ecole de l’Air envers Maggins, une EOPN et moi, une ORSA marinette.
Au simulateur, ambiance de mépris et de travail bâclé : l’ORSA marin H. ira s’en plaindre au commandant de la SME – un cruzeman dont j’apprendrai plus tard le petit surnom « Cochonou » – alors que j’étais sur la voie de l’élimination.
J’ai appris à voler sur Alphajet avec le PM B. et le commandant en second. Peut-être 2 ou 3 vols en tout. Avec les autres moniteurs, c’est la toute-puissance et le dénigrement : à propos de mon dessin de briefing, cris pendant le vols, menaces au sol (« Tu voles contre moi »), interdit de nav solo de nuit, interdit de nav mutuelles, déni d’instruction et cris des moniteurs sur la perche, en inter, en PS, en voltige, punition en vol (8,5 G parce que j’étais sur l’objectif en nav BA et que je n’avais pas appliqué la recommandation du moniteur), au retour de mission avec des questions-pièges nulles.
Bref, mes notes sont de 7 insuffisants : je passe en conseil d’instruction et je suis éliminée. Pas de brevet de pilote de chasse.
A Dax, rien.
A Lanvéoc, escadrille 22S, re-un moniteur capitaine qui me saque en vol test auto-rotation. Cela suffit, je démissionne.
A Emory, pression incroyable pour faire comme les professeurs veulent qu’on fasse : note insuffisante par T., débriefing d’un papier de recherche par E. le genou contre mon genou, menace d’Y. de me briser les genoux quand je lui porte un papier de recherche que D.J. juge digne de publication. Non inscription administrative du cours de S., donc aucun crédit. On me refuse le diplôme de Masters.
A Lafayette, itou : ma directrice de thèse veut que je fasse comme elle veut: “Gender Studies”. Elle arrête de me recevoir, elle ne lit plus ma thèse, il n’y aura pas de soutenance de thèse. Pas de diplôme de doctorat.
Nous sommes arrivés en 2006 ; j’avais un bon poste de pilote instructrice au Connecticut que j’abandonne car je n’en peux plus. Je rentre chez ma mère. Je dors à Paris près de l’école Polytechnique. La France, l’armée, mes parents.
Je suis finie. Nous sommes en 2011, veille de la Toussaint. Je reprends courage grâce à J-L, ex-pilote de chasse, capitaine de l’Armée de l’Air rejeté par ses pairs sauf J, gendarme.
Est-ce que la D. va trouver que je fais l’affaire pour la coopération ?
STOP !
Appuyez sur le bouton rouge !
C’est comme cela que cela se passe pendant les tests de sélection psychotechniques de l’US Army quand on cale trop longtemps sur une question. J’ai réussi un score de 94/100. Classée E4.
Respect, car on est aux USA.
Alors je parle plus tard à mon lieutenant de compagnie et au psychiatre ; je suis arrêtée de classe car je prends un cachet depuis 12 ans.
Aiguë : je me prends pour une astronaute en 2000 puis m’accuse en 2009-2010.
Oh ! J’existe !